L’auteur vous invite à une série de rendez-vous avec Les Manuscrits de la terre morte pour découvrir les séquelles sur le théâtre et sur le monde de la politique d’intermittence du spectacle.
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LA CITADINE DES TERRES VERTES :
Hum, hum…Vous voyez, vous voyez… il y a des endroits, il y a des rencontres, on ne sait pas pourquoi elles sont captivantes. Elles vous attirent… elles vous repoussent… C’est comme un aimant. Aujourd’hui, la rencontre présente, c’est comme un aimant. Un aimant générateur de questions. Je veux dire que l’on est dans un monde, un monde en archipel où s’érigent des îlots de questions. Pour la société laïque, la question du moment c’est : jusqu’à quel point on peut admettre l’autre ? Ou : jusqu’où il est l’autre ? C’est quoi une caricature. C’est quoi une limite. C’est quoi une frontière ? La question de la frontière : c’est quoi « chez moi » ? Où il commence l’autre ? C’est un débat. Par exemple, depuis des mois et des mois, c’est toute une histoire avec la Turquie. Après ce sera d’autres histoires avec d’autres nations, la Biélorussie, l’Ukraine… Sur la question de l’Europe, moi je ne sais pas où ça commence - plutôt si, je sais que ça commence du côté de l’Atlantique - mais je ne sais pas où ça finit …
L’HAGIOGRAPHE DU HAPPENING :
(l’interrompt) Et puis du côté du théâtre, nous ne savons pas non plus où ça commence et où ça finit !
L’ACTIONNAIRE DU DETAIL INFIME :
Le coup de l’ardoise magique, vous connaissez ? Un coup à gauche, un coup à droite, zip, zap et hop ! Ce qui est là devant vous disparaît : la lumière, les acteurs, le public, le théâtre …
LE POLYGRAPHE DE TROISIEME GENERATION :
(s’adressant à la Citadine) Mais qu’est-ce qu’on en à branler de son ardoise magique ? Les vraies questions, celles que tu te poses– « c’est quoi « chez moi » ? où il commence l’autre ? … » – en vérité, tu te les poses avec ton cul …
L’HAGIOGRAPHE DU HAPPENING :
Toi au moins, t’es pas perclus d’angoisses métaphysiques !
LE POLYGRAPHE DE TROISIEME GENERATION :
On peut continuer dans la couillonade, mais y a des limites ! Il ne vous reste donc plus que la métaphysique, l’atelier peinture et la psychose narcissique ? Vous vous pensez acteurs, artistes funambules des conciliabules - vous vous rêviez peut-être même sociétaires - et vous n’êtes pas même fichu d’écarquiller les yeux devant la société telle quelle est et d’en être spectateurs ! Vous tournez autour de vos petits drames et de vos désastres quotidiens et vous ne faites aucune rencontre que vous-même. Vous avez beau vous tortiller, vous ne faites qu’étaler sur la place publique une brocante éberluante de lieux communs. Je vous sens venir. Vous voudriez des textes d’une grande beauté qui dénoncent la laideur des injustices, l’horreur des cruautés et l'infamie des persécutions. En fait, vous vous moquez bien du monde. Vous vous reniflez comme des chiens en meute, vous faites le beau devant le susucre de la conjecture, vous vous goinfrer avec les croquettes déshydratées d’hypothèses savantes.
Etre ou ne pas être … sous les projecteurs ?
Telle est votre question.
Votre ultime question.
Il suffit de vous voir et de vous entendre pour savoir que votre sujet de prédilection est « Moi, moi, moi. Moi, moi, moi, vous comprenez ? ». Nombrilisme indécent, abjecte, écœurant ! Vous portez des questions comme on porte des charentaises. Il ne faut pas se cacher ça. Vous vous dites embarrassés par des questions qui, soi-disant, vous préoccupent. Jusqu’à quel point, c’est encore à voir ? Les questions préoccupantes, les questions de l’heure, on a tout de même un peu de mal à s’en emparer.
Donc, le vrai problème, c’est ça. Pourquoi se le cacher ? Nous avons une âme un peu courte, une âme un peu trop molle, une âme un peu trop flasque … Le mouroir désaffecté dans lequel nous survivons restera opaque, et pour longtemps, à vos questionnements d’ectoplasmes désœuvrés.
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LA CITADINE DES TERRES VERTES :
Hum, hum…Vous voyez, vous voyez… il y a des endroits, il y a des rencontres, on ne sait pas pourquoi elles sont captivantes. Elles vous attirent… elles vous repoussent… C’est comme un aimant. Aujourd’hui, la rencontre présente, c’est comme un aimant. Un aimant générateur de questions. Je veux dire que l’on est dans un monde, un monde en archipel où s’érigent des îlots de questions. Pour la société laïque, la question du moment c’est : jusqu’à quel point on peut admettre l’autre ? Ou : jusqu’où il est l’autre ? C’est quoi une caricature. C’est quoi une limite. C’est quoi une frontière ? La question de la frontière : c’est quoi « chez moi » ? Où il commence l’autre ? C’est un débat. Par exemple, depuis des mois et des mois, c’est toute une histoire avec la Turquie. Après ce sera d’autres histoires avec d’autres nations, la Biélorussie, l’Ukraine… Sur la question de l’Europe, moi je ne sais pas où ça commence - plutôt si, je sais que ça commence du côté de l’Atlantique - mais je ne sais pas où ça finit …
L’HAGIOGRAPHE DU HAPPENING :
(l’interrompt) Et puis du côté du théâtre, nous ne savons pas non plus où ça commence et où ça finit !
L’ACTIONNAIRE DU DETAIL INFIME :
Le coup de l’ardoise magique, vous connaissez ? Un coup à gauche, un coup à droite, zip, zap et hop ! Ce qui est là devant vous disparaît : la lumière, les acteurs, le public, le théâtre …
LE POLYGRAPHE DE TROISIEME GENERATION :
(s’adressant à la Citadine) Mais qu’est-ce qu’on en à branler de son ardoise magique ? Les vraies questions, celles que tu te poses– « c’est quoi « chez moi » ? où il commence l’autre ? … » – en vérité, tu te les poses avec ton cul …
L’HAGIOGRAPHE DU HAPPENING :
Toi au moins, t’es pas perclus d’angoisses métaphysiques !
LE POLYGRAPHE DE TROISIEME GENERATION :
On peut continuer dans la couillonade, mais y a des limites ! Il ne vous reste donc plus que la métaphysique, l’atelier peinture et la psychose narcissique ? Vous vous pensez acteurs, artistes funambules des conciliabules - vous vous rêviez peut-être même sociétaires - et vous n’êtes pas même fichu d’écarquiller les yeux devant la société telle quelle est et d’en être spectateurs ! Vous tournez autour de vos petits drames et de vos désastres quotidiens et vous ne faites aucune rencontre que vous-même. Vous avez beau vous tortiller, vous ne faites qu’étaler sur la place publique une brocante éberluante de lieux communs. Je vous sens venir. Vous voudriez des textes d’une grande beauté qui dénoncent la laideur des injustices, l’horreur des cruautés et l'infamie des persécutions. En fait, vous vous moquez bien du monde. Vous vous reniflez comme des chiens en meute, vous faites le beau devant le susucre de la conjecture, vous vous goinfrer avec les croquettes déshydratées d’hypothèses savantes.
Etre ou ne pas être … sous les projecteurs ?
Telle est votre question.
Votre ultime question.
Il suffit de vous voir et de vous entendre pour savoir que votre sujet de prédilection est « Moi, moi, moi. Moi, moi, moi, vous comprenez ? ». Nombrilisme indécent, abjecte, écœurant ! Vous portez des questions comme on porte des charentaises. Il ne faut pas se cacher ça. Vous vous dites embarrassés par des questions qui, soi-disant, vous préoccupent. Jusqu’à quel point, c’est encore à voir ? Les questions préoccupantes, les questions de l’heure, on a tout de même un peu de mal à s’en emparer.
Donc, le vrai problème, c’est ça. Pourquoi se le cacher ? Nous avons une âme un peu courte, une âme un peu trop molle, une âme un peu trop flasque … Le mouroir désaffecté dans lequel nous survivons restera opaque, et pour longtemps, à vos questionnements d’ectoplasmes désœuvrés.

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