lundi 5 mars 2007

Les Manuscrits de la terre morte - Une apparition à l'état pur (suite)

L’auteur vous invite à une série de rendez-vous avec Les Manuscrits de la terre morte pour découvrir les séquelles sur le théâtre et sur le monde de la politique d’intermittence du spectacle.
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LA CITADINE DES TERRES VERTES :
La peur, n’est-ce pas ce qui nous ferait regretter de ne pas être végétarien et de pouvoir se passer de la Georgedoubleiouboucherie ? J’ai l’impression d’entendre en ce moment le bruit d’une armée de missiles qu’on actionne avec tous les carburants possibles. Vous avez l’embarras du choix : le super de la mondialisation, le diesel des multinationales et le GPL des intégrismes.

L’EVADEE DE LA 14e RUE :
Le fait de construire, à mains nues, la chape d’une rencontre, ne constitue-t-il pas une expérience qui nous mène invariablement vers l’expérience de la peur ?

LA CITADINE DES TERRES VERTES :
Face à la peur inoculée savamment, à petite dose ou en overdose, avons-nous d’autres armes que le théâtre ?

L’OTAGE D’ARISTOTE :
(mezzo voce) Le théâtre n’est plus qu’un jeu d’intrigues qui n’intrigue plus personne.

LE POLYGRAPHE DE TROISIEME GENERATION :
Il a dit quoi ?

L’EVADEE DE LA 14e RUE :
Il a dit : « Le théâtre n’est plus qu’un jeu d’intrigues qui n’intrigue plus personne. »

LA VENUS EMERITE :
Je vous écoute, je suis conquise et je vous rends hommage. Ce que j’ai envie de travailler, ici, avec vous, c’est un dispositif que j’appellerais volontiers le « Chevalet de la rencontre ». Pourquoi on n’essaie pas de travailler en atelier sur l’idée d’un spectacle en miroir ? On parlerait de la rencontre et, dans le même temps, la rencontre parlerait de nous. Je suis convaincue que l’on pourrait, les uns, les autres, mettre à profit notre expérience des paysages dramatiques pour s’emparer du théâtre. La palette est variée, faite de couleurs vives ou tendres. On découvrira avec bonheur ces rencontres, ces portraits réciproques, ces natures vivantes, ces intrigues mystérieuses, ces sujets maritimes, plages abandonnées, couchers de soleil éblouissants…

LE POLYGRAPHE DE TROISIEME GENERATION :
Ça vole très très haut ce que tu dis là. Moi, j’ai un peu peur qu’il y ait des trous d’airs dans ton envolée lyrique !

L’HAGIOGRAPHE DU HAPPENING :
Il y a des trucs savants qu’on n’est pas obligé de comprendre. N’empêche que ce qui est dit est dit. Mais comment est-il possible de mettre à profit notre expérience pour s’emparer du théâtre ?

L’ACTIONNAIRE DU DETAIL INFIME :
S’emparer est emprunté à l’ancien provençal emparar « protéger, défendre ». Ce verbe provient lui-même du latin populaire imparare, calque du latin classique prae-munire qui signifie « faire des préparatifs par-devant ». Vous m’avez compris, l’étymologie confirme qu’il y a bien un petit côté lubrique dans l’action de s’emparer !

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