mercredi 5 septembre 2007

Les Gestes simples - Receuil de nanodrames | partie 13

Intérieur nuit. Un acteur qui se prend pour Fabrice Luchini s’abreuvant à La Fontaine.
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Deux mecs plutôt bouffis, avachis sur le zinc
d’un bar enfumé, sont là. Les grands verres sont pleins
et les regards vides. L’un se met à parler :
T'as déjà tâter de questions métaphysiques ?
- Oui, vois-tu, et cela m’arrive fort couramment.
Par exemple, pas plus tard que ce matin même
je me suis demandé au moment du pesage
de la bête de somme que je me somme d’être
à quoi, de nos jours, ne rêvent plus les jeunes filles ?
- L’autre, se remémorant son C.A.P. philo
et la saveur de sa mention outrepassable,
sitôt répond : les jeunes filles ne rêvent plus

au Velours velouté d’une aile transangélique
au l’aube du Grand jour et de la Grande nuit
à falsifier de faux dollars pour acheter de vrais joyaux
à linker Tout Mozart sur une clé USB
à parêtre Punk comme maman (dans sa jeunesse)
à prendre le bus jusqu’aux deltas souriants de l’Atlantique
à quitter Saint-Etienne et la France si Sarko est élu
à devenir Pyromane pour être placée dans un foyer
à un placement d’Assurance-vie sans aucun frais d’entrée.


Morales de l’histoire :
Il se peut que les pochetrons aient des choses (et des alexandrins) à se dire.
Il se peut les jeunes filles ne rêvent plus en majuscule.
Et, enfin, il se peut que l’on ne sache plus rien à propos de rien.

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