jeudi 1 février 2007

Une certaine idée de l'écharde et de l'Homme

Les mots ont pour nous une extrême majesté. Parfois, convenons-en, nous la négligeons. Nous nous contentons alors, parce que c’est bien plus commode, de puiser l’eau de source du spectacle vivant de la vie dans des jattes éprouvées. A d’autres heures, nous découvrons de nouvelles manières de faire – donc puisqu’il s’agit ici de théâtre – de nouvelles manières de théâtraliser. J’ai indiqué, dans ces colonnes, que le Théâtre importuniste a pour vocation la publication, l'échange et le débat sur des oeuvres dramatiques mettant l'accent sur le thème « des choses en soi ».

On peut voir, à travers cette définition, le lien étroit qu'entretiennent le Théâtre importuniste et l'écharde. Souvenons nous du Bourgeois Gentilhomme et de ses efforts pour acquérir l'écharde culturelle liée aux attributs de la classe à laquelle il tente d'accéder. Souvenons nous que tout le monde n'est pas logé à la même écharde ! Cependant, constatons, sans se ranger à tel ou tel conformisme idéologique, que l'écharde nous invite à partager et à avancer vers une certaine idée de l'Homme. L'écharde est, en effet, ce petit fragment de chose qui, par la force des choses, nous convie vers le souci de soi. De facto, l'écharde adhère à nos luttes quotidiennes, stimule notre recherche de bien-être (où est-elle donc ?), notre tentative de compréhension (comment vais-je m'y prendre pour l'extraire ?), notre position éthique au regard de l'Autre (pourrais-je y arriver tout seul ?).

Ainsi, pour bien des raisons, la société de l'ennui a besoin de l'écharde et la société du théâtre du Théâtre importuniste !

Aucun commentaire: